Lignes de fuite...

Scènes de vie, aphorismes, citations et fictions brèves

05 avril 2008

Alpha (1)

            Aube

        Le véhicule s’arrêta en grinçant devant l’adresse que l’on avait donné au livreur. La rue était étroite, éclairée chichement par quelques réverbères et par le voile luminescent lié à la coupole de pollution qui stagnait maintenant depuis plusieurs semaines au dessus de la ville. ”Les vents d’altitude se font attendre “, pensa l’homme en se dirigeant vers l’interphone de l’entrée sécurisée. Il entendit le léger bruit de rotation de la caméra de vidéo surveillance qui s’était déclenchée à son approche lui adressa un bref regard et pressa le bouton d’appel.  Une voix neutre lui demanda de composer le code qui lui avait été transmis pour justifier de son identité, ce qu’il fit et la porte métallique noire glissa  vers la gauche sur son rail bien huilé. Il voulu faire un pas vers l’intérieur mais se trouva aussitôt arrêté par l’imposante stature d’un homme tout de noir vêtu qui lui désigna son fourgon d’un mouvement de menton peu amène.
       Le livreur ouvrit, en grognant intérieurement, la porte du véhicule blindé, commanda la mise en place d’une plate forme de déchargement et fit en quelques minutes descendre sept très lourdes caisses métalliques scellées montées sur roulettes qui furent aussitôt mises à l’abri dans ce qui paraissait être le début d’un long couloir.
          Sans qu’un mot ne s’échange, l’homme en noir, qui avait été rejoint par d’autres portant la même tenue sombre à petit col mao, coda une signature sur l’appareil de récépissé électronique et enclencha le verrouillage de la porte de livraison laissant le livreur pantois face à la paroi métallique qui dérobait progressivement l’ouverture. Un vague sentiment de rancune au coeur, il reprit son volant et ses manettes, soulagé de quitter un endroit aussi peu engageant sans savoir que la caméra de surveillance l’avait suivi de son oeil soupçonneux jusqu’à sa disparition en dehors de son champ de vision.
        Les lourdes caisses roulantes furent rapidement poussées le long du couloir éclairé à intervalle régulier par des appliques murales jusqu’à une vaste salle basse de plafond, sans aucune fenêtre, bénéficiant d’un système de purification d’air dernier cri.  Il s’y trouvait une trentaine de tables de travail disposant d’un éclairage individuel à basse tension que l’on voit souvent dans les musées pour éclairer des oeuvres particulièrement sensibles aux rayonnements UV. Plus de la moitié des tables se trouvaient séparées les unes des autres par des parois de verre épais et la partie de l’espace qu’elles occupaient renvoyait une lumière d’aquarium.
       À cette heure très matinale, une dizaine de personnes seulement, vêtues de combinaisons stériles, travaillaient silencieusement dans la pièce, et leurs yeux s’allumèrent d’une lueur de convoitise en voyant les caisses venir se mettre à flanc auprès de leurs tables.

… À suivre ...

Posté par stilife à 20:03 - Fictions - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bonjour Still

Bonjour Still,

I am exercising my French by reading your text. It sounds like the beginning of a futuristic science fiction film to me - with all that technology you are describing ...

Bon dimanche à toi,
Eva

Posté par givethemhell, 06 avril 2008 à 08:47

et mes yeux s'allumèrent également...

Posté par Papistache, 06 avril 2008 à 13:27

Ben on attend alors, on attend.

Posté par monsieurmonsieur, 06 avril 2008 à 19:17

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