02 mars 2008
Mistral
Il fait froid ce matin-là. Un petit Mistral d'hiver dévale sans contrainte les quais de Saône, et, coupant comme un rasoir, s'insinue entre les plis de mon écharpe, me glaçant le cou et les oreilles. À cause même de ce vent, la lumière change vite, de gris et fermé le ciel lourd devient d'un bleu sombre intense tandis qu'entre les nuages, un pinceau de lumière blanche balaye la colline de Fourvière, et fait chanter les enduits des façades multicolores. Le rayon échappé touche la Saône verdie par sa charge d'alluvions et la change en un flot soyeux de bronze et d'or pâle. Une mouette volant à l'ombre du quai où je me tiens apporte un contrepoint bleuté à la scène, qui m'a fait oublier décembre.
